Consultation de l’information au Québec
Le témoignage que j’ai rendu à la consultation.
Bonjour à tout le monde. Merci de m’accueillir ce matin en tant que simple citoyen.
Je veux expliquer qui je suis avant de vous expliquer mes impressions sur la démarche du ministère.
Je suis un mordu de technologie, et les nouvelles que je consomme principalement sont les nouvelles reliés à la technologie. J’achève des études universitaires pour être enseignant d’anglais au secondaire et je lit des nouvelles sur des sites américains. Je lit également des nouvelles québécoises, c’est sûr, mais toujours d’une manière qui me plait à moi. Je suit les fils RSS de Radio-Canada et ceux du Quotidien. Pas de télé pour moi, peu de radio. Mes nouvelles sont exclusivement en ligne.
Ce que je crois que je peux apporter aujourd’hui c’est ce que j’ai remarqué dans le milieu d’information technologique américain, milieu qui est toujours à la fine pointe des tendances. Je ne dit pas que ce milieu-là est mieux, mais la nature même d’informations destinés aux amoureux de technologies porte à avoir un public très connaisseur des nouveaux moyens de diffusion. Des geeks qui écrivent pour des geeks.
Et la dernière tendance que j’ai remarqué, sans aucune vérification empirique, c’est la montée de journalistes qui autrefois travaillaient pour de gros joueurs, et maintenant se tourne pour travailler à leur compte. Ils laissent les entreprises qu’ils ont parfois construites eux-mêmes pour faire quelque chose de nouveau.
Splatf, The Verge, The Wirecutter, gdgt sont tous des sites démarrés par des anciens travailleurs de grosses organisations qui ont décidés, parce que la possibilité réelle de faire de l’information à leur manière et d’en vivre était possible pour eux. Ces sites ont trouvés le moyen de faire de l’information que je trouve d’un professionnalisme rare avec des équipes minuscules et de la publicité très spécialisé.
Pour moi, il est important de protéger ces jeunes futurs entrepreneurs de l’information. Ils arrivent dans un avenir rapproché au Québec. La technologie est là aujourd’hui, les coûts pour être publié sont ridicules, la publicité sera bientôt au rendez-vous, ne manque plus qu’à éduquer ces journalistes des possibilités qui s’offrent à eux. Protéger leur travail par la création d’un statut spécial est louable, si ce statut n’est pas discriminatoire au nombre de membres des équipes. Si un journaliste seul, qui s’occupe de tous les aspects de son entreprise ne peux pas être journaliste professionnel au Québec, c’est un échec.
Pour conclure, les possibilités d’avenir dans le domaine de l’information sont magnifiques. Si tout le monde a la mine basse, c’est que le modèle actuel est en train de s’effondrer. Par contre, les couts d’opération sont des millièmes de ce qu’ils étaient auparavant grâce à internet et de la compétition, il va y en avoir. Évidemment, les grands paquebots de l’information vont s’échouer, parce qu’ils ont perdu le monopole de notre attention, la boite de pandore est ouverte depuis dix ans, mais ils seront remplacés par une mer de petites équipes qui collaboreront ensemble pour créer le journalisme de demain. La salle de nouvelles du passé ne disparaitra pas. Le public se retrouvera directement à l’intérieur, devenant par le fait même un de ces membres. Le ministère doit être conscient que la consolidation des médias s’accompagnera d’un contre-balancier aussi fort et doit le protéger et le faire grandir.